24.01.2010

Jardins : Le jardin du Luxembourg

Souvent remanié au cours de sa longue histoire, ce jardin de 25 hectares demeure l’un des rendez-vous favoris des parisiens, le coeur de la rive gauche. Il abrite également le Sénat, le musée du Luxembourg et l’Ecole des Mines.


Photo Kleman

En 1612 Marie de Médicis, nostalgique de l’Italie et lassée des intrigues du palais du Louvre, acheta l’hôtel du Luxembourg et une bonne partie du terrain du couvent des Chartreux qui se trouvait sur les lieux. Elle commanda un palais qui lui rappellerait sa maison florentine, le Palais Pitti, et imagina un parc à l'italienne inspiré des jardins de Boboli. L’acquisition des terrains nécessaires, l’aménagement et l’agrandissement du jardin se poursuivirent bien après la mort de la reine.

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Le domaine fut cependant grandement amputé par les grands travaux du baron Haussmann, qui éventra le jardin en élargissant la rue de Vaugirard et en ouvrant le boulevard Saint-Michel. Si le palais du Luxembourg appartint aux rois, le jardin ouvrit souvent ses portes au public dès le milieu du XVIIe siècle. Il fut parfois privé selon les caprices de l’occupant des lieux, comme lorsque la duchesse de Berry le réserva pour passer les nuits d’été avec une liberté qui nécessitait plus de complices que de témoins.



Du jardin de Marie de Médicis il ne reste que la fontaine du même nom, partie d’une grotte qu’elle fit édifier en 1630 et aujourd’hui rendez-vous privilégié des promeneurs romantiques. Le Luxembourg, très fréquenté, reste malgré tout un jardin de quartier. On y croise des étudiants studieux sur les innombrables chaises vertes, des mélomanes profitant des concerts gratuits… Les enfants font voguer les petits voiliers sur le bassin central, se promènent à dos de poney ou s’esclaffent devant le théâtre de Guignol. Les sportifs occupent les cours de tennis et le jeu de Paume, les joueurs d’échecs et de bridge se retrouvent à l’ombre des marronniers.

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Photo Kleman

De nombreux artistes et écrivains traversèrent ses allées, que ponctuent des dizaines de statues, Hemingway chassait le pigeon quand ses poches étaient vides et Balzac, Verlaine, Victor Hugo ou Jacques Prévert évoquèrent souvent l’atmosphère particulièrement sereine du jardin. Un îlot de tranquillité qui inspirait pourtant de vives terreurs aux parisiens du XIe siècle. A l’époque l’endroit, planté de vignobles, se nommait Vauvert. Un château en ruines qui le surplombait était le théâtre de phénomènes bien étranges : des spectres flottaient sur les murs écroulés, tandis qu’une sarabande de diablotins sautaient d’arbre en arbre pour en interdire l’accès. Ce château entra dans la légende et donna l’expression populaire « au diable Vauvert », pour désigner un lieu mal famé, puis un endroit perdu.

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Jean Cocteau au Luco

Le musée du Luxembourg fut le premier musée premier musée public de France. Le palais qui l’accueille héberge également le Sénat.

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Photo Kleman

Commandité par Marie de Médicis au début du XVIIe siècle, le palais du Luxembourg est l’œuvre de Salomon de Brosse. L’architecte aménage deux galeries dont l’une est destinée à recevoir les 24 tableaux de Rubens à la gloire de la reine, aujourd’hui exposés au Louvre. C’est dans la galerie Est que le musée est créé en 1750, avec l’ouverture de la première galerie publique de France. Une centaine de chefs-d’œuvre provenant des collections royales y est exposée durant quinze ans, le public enthousiaste découvre Vinci, Raphaël, Titien, Rembrandt...

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En 1818 le Luxembourg devient le « Musée des artistes vivants » et accueille entre autre les œuvres de David, Ingres ou Delacroix. Au cours du XIXe siècle cependant l’administration accorde sa préférence aux artistes académiques, dits « pompiers », qui correspondent au goût officiel du Salon. Ainsi les artistes de la modernité, dont les impressionnistes, resteront absents des collections jusqu’au legs Caillebotte en 1896, peintre et protecteur de cet art encore incompris. Ce legs embarrasse l’Etat qui le refuse dans un premier temps, mais qui sélectionne finalement 27 tableaux sur les 67 de la collection regroupant Monet, Renoir, Degas, Cézanne… Les tableaux refusées furent en majorité achetés par le Docteur Barnes, dont la collection est aujourd’hui enviée par les musées du monde entier !
Les collections sont aujourd’hui réparties entre le Louvre et le musée d’Orsay, et le musée du Luxembourg accueille désormais des expositions temporaires prestigieuses. En l’honneur de Marie de Médicis, la programmation fait la part belle à la Renaissance italienne en alternance avec l’art moderne.

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Commentaires

Merci de m'apprendre où se trouvait le château et le"diable" de Vauvert.Pour la dimension romantique,estudiantine du jardin,n'oublions pas que c'est le lieu où Victor Hugo situe la rencontre entre Cosette et Marius...

Ecrit par : Fainzang Michel | 29.06.2010

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